Les quatre châteaux de Lastours 4/5

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Les quatre châteaux de Lastours 2/5

 

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Quertinheux

Le château de Quertinheux (en occitan Quertinhos) est placé le plus au sud de la crête sur un piton rocheux isolé. Il est constitué d’une tour circulaire et d’une courtine polygonale. Une avancée en chicane défend l’entrée du château. Il surplombe les restes d’une église romane détruite.

 

Les quatre châteaux de Lastours 1/5

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Les châteaux de Lastours (en occitan Las Tors, litt. « Les tours ») sont quatre châteaux du pays cathare situés dans la commune de Lastours dans le département de l’Aude en région Languedoc-Roussillon. Les quatre châteaux sont construits sur un éperon rocheux au-dessus du village de Lastours, isolés par les profondes vallées de l’Orbiel et du Grésillou. Ils étaient le verrou du Cabardès d’où le nom du château principal : Cabaret. Ils sont bâtis à 300 mètres d’altitude dans le même axe : Cabaret, la tour Régine, Surdespine et Quertinheux légèrement en retrait. Le site est classé monument historique depuis 1905 et des fouilles archéologiques sont toujours en cours.

Ces quatre châteaux font partie d’un seul ensemble même s’ils n’ont aucune structure en commun. Le contexte naturel du site a permis de faire l’économie d’une forteresse de grande taille. Les plans ont été adaptés aux rochers sur lesquels ils sont construits. La construction est parfois hétérogène du fait de l’étalement des remaniements effectués sur les châteaux.

Histoire

Au Moyen Âge, le site appartient aux seigneurs de Cabaret, mentionnés pour la première fois en 1067. Leurs richesses proviennent notamment de l’exploitation des mines de fer. Seuls trois châteaux sont probablement construits au xie siècle et leur emplacement ont évolué dans le temps suivant les destructions et reconstructions successives. À cette époque, les seigneurs de Cabaret sont au moins au nombre de 22.

Les châteaux ont vécu les événements de la croisade des albigeois. En effet, les seigneurs de Cabaret sont très liés aux adeptes du catharisme. Les villages aux alentours des châteaux ont accueilli de nombreux cathares. La forteresse appartient à l’époque à Pierre Roger de Cabaret fidèle de Raymond-Roger Trencavel qui a combattu à côté de lui lors de la défense de Carcassonne. Le site subit dès 1209 les attaques de Simon de Montfort. Le site résiste victorieusement aux attaques. Mais le croisé Bouchard de Marly alors seigneur du château de Saissac est fait prisonnier par Pierre-Roger. Sa libération est négociée contre la reddition de Cabaret en 1211.

En 1223, les seigneurs de Cabaret reprennent leurs terres et Cabaret devient le siège de l’évêché cathare du Carcassès. Le seigneur Pierre-Roger résista pendant de nombreuses années aux attaques de Simon de Montfort. Mais en 1227, les châteaux sont de nouveau assiégés par Humbert de Beaujeu. En 1229, Cabaret capitule.

Les villages et châteaux sont pillés puis reconstruits pour devenir des forteresses royales. La tour Régine est construite par ordre du roi pour affirmer sa suprématie. Ils deviennent le centre administratif et militaire de six communautés formant la châtellenie du Cabardès. Au xvie siècle, les châteaux sont occupés par les protestants. Ils en sont délogés par le maréchal de Joyeuse en 1591.

Les quatre châteaux sont classés au titre des monuments historiques en 1905.

Organisation au xie siècle

Avant la croisade des albigeois, les châteaux ne sont qu’au nombre de trois et ne sont pas disposés sur la crête. Les villages entourent les noyaux castraux de la même façon : avec des maisons, des forges et des citernes situées autour d’un donjon haut et étroit. On retrouve des traces de village sur le versant ouest aménagé en demi-cercle suivant les courbes de niveau autour de la résidence seigneuriale.

Au xiiie siècle, le roi décide la destruction des trois tours seigneuriales et de leurs habitations afin d’éliminer tout refuge de Cathares. Les châteaux sont cependant reconstruits sur les crêtes afin de les rendre moins accessibles aux tirs des ennemis.

Le catharisme à Cabaret

Les châteaux de Lastours sont un pôle d’activité religieuse cathare important durant le xiiie siècle. Le village castral abritera de nombreuses maisons de parfaits et des évêques cathares vont séjourner à Cabaret : Arnaud HotPierre Isarn et Guiraud Abith. En 1229, la forteresse est le fer de lance de la résistance cathare en terre languedocienne. Cette époque est appelée Guerre de Cabaret.

Description actuelle

Les quatre châteaux sont placés en haut de la crête sur un axe nord-sud : Cabaret, tour Régine, Surdespine et Quertinheux. Ils contrôlent les principales voies d’accès dans le Cabardès et la montagne noire.

Cabaret

Le château de Cabaret est la citadelle principale avec un système de défense de type barbacane. Il est constitué d’une tour au nord, d’un donjon au sud et d’un corps de logis au centre. Le tout est entouré de remparts avec un chemin de ronde posé sur des arcades aveugles en arcs brisés. L’ensemble est construit avec un appareil irrégulier et des pierres de taille pour les angles et les ouvertures.

Tour Régine

La tour Régine est la forteresse la plus récente et la plus petite de l’ensemble. Elle est constituée d’une tour entourée d’une courtine dont les murailles sont effondrées. Au sous-sol, la tour contient la citerne la plus vaste des quatre châteaux. La tour est constituée de trois étages desservis par un escalier à vis. La pierre de calcaire blanc utilisée est identique à celle de Cabaret.

Surdespine

Le château est le moins bien conservé des quatre. Il est constitué d’une tour carrée, d’un logis et d’une citerne. Une courtine de plan rectangulaire protège l’ensemble. Il se caractérise par la rareté de ses meurtrières et par ses quatre fenêtres en plein cintre.

Quertinheux

Le château de Quertinheux (en occitan Quertinhos) est placé le plus au sud de la crête sur un piton rocheux isolé. Il est constitué d’une tour circulaire et d’une courtine polygonale. Une avancée en chicane défend l’entrée du château. Il surplombe les restes d’une église romane détruite.

 

Château de Durfort 1/2

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Le château de Durfort est l’un des châteaux cathares de l’Aude, situé près de Vignevieille.

Emplacement géographique

Le château de Durfort est situé dans le département de l’Aude et la région Occitanie, à 27 km à l’est de Limoux et à 3 km au Nord du château de Termes. Il fut érigé sur un piton rocheux qui surplombe la vallée de l’Orbieu.

Histoire

Fondation

Il ne reste pas de trace écrite sur la construction initiale de ce fort. Aux environs de l’an mil en France, les habitats fortifiés évoluent de simples tours en bois cernées de palissades (motte castrale), vers des structures plus résistantes en maçonnerie (château fort).

Durfort est érigé sur une masse rocheuse surplombant les gorges de l’Orbieu, offrant un bon point de vue sur la vallée. Les premiers forts médiévaux furent d’abord des positions de guet, logements de petites garnisons de seigneurs locaux, assurant le contrôle de vallées agricoles et des voies de commerce sur lesquels ils prélevaient des droits de passage. Durfort est situé sur un pic, entouré sur 3 côtés par une boucle de la rivière Orbieu, ce qui en fait une bonne position défensive.

Les premières traces écrites mentionnant le fort de Durfort datent du xie siècle. En 1093, il en est fait mention dans une transaction entre le fils du seigneur de Durfort, Bertrand, et l’Abbaye de Lagrasse. En 1124, Guillaume et Raymond, seigneurs de Durfort, rendent hommage au Vicomte Bernard Aton de Carcassonne, et en 1163, le seigneur de Terme rend hommage au Vicomte Raymond de Trencavel, pour le château de Durfort.

Un habitat fortifié en Pays Cathare

Les « châteaux cathares » sont une dénomination récente issue du tourisme contemporain. Ce terme désigne de façon arbitraire les forteresses bâties au xiiie siècle par le roi de France après la croisade contre les Albigeois. Dans le cas de Durfort, l’habitat villageois de type castral est même antérieur à l’hérésie cathare. Néanmoins, les ruines qui subsistent aujourd’hui sont plus récentes.

La doctrine cathare aurait pris naissance en Bulgarie à la fin du xe siècle. Des communautés cathares s’étendent en Europe vers l’an mil. Le catharisme prit plusieurs formes ayant un tronc commun, et gagna le Midi au xiie s. Albi étant l’un des centres d’implantation les plus durables, le terme d’Albigeois désigne dans ce contexte les cathares. Au milieu du xiie siècle (1167) les Églises cathares sont au nombre de cinq : AlbiToulouseCarcassonneAgen (Aragnensis) et Epernon en France. C’est seulement au xiiie siècle, en 1226, que l’évêché de Razès, la région de Limoux, est créé.

Face à l’extension de la contestation de l’Église catholique romaine et de la prédominance du pape, l’Église romaine répond par la prédication et l’excommunication pour hérésie. L’échec de cette tentative conduit le pape Innocent III à lancer en 1209 contre les « Albigeois« , la première croisade à se dérouler sur le territoire de la chrétienté occidentale.

En 1209, le seigneur de Durfort se range du côté des cathares par son alliance avec Olivier de Termes (voir Château de Termes). Simon IV de Montfort prend le commandement de la Croisade contre les Albigeois et mène campagne dans la région. En 1215, le château de Durfort devient la propriété d’Alain de Roucy, l’un de ses lieutenants.

La population de la région reste néanmoins cathare de cœur, et lorsque la région redevient tranquille, le mouvement cathare se reforme. En 1225, le village de Pieusse tout proche accueille un concile cathare dont le but est de réorganiser la communauté cathare du Razès. Benoît de Termes en devient le chef spirituel. En 1226 commence la « guerre de Limoux » au cours de laquelle s’affrontent cathares et troupes royales de Louis VIII.

Le pouvoir royal affermit sa conquête sur cette région en édifiant ou en aménageant cinq grandes forteresses et un réseau de petits forts de guet. Le château de Durfort s’inscrit dans ce système défensif, visant à protéger les nouvelles frontières du Royaume de France. Distante de 3 km, la forteresse toute proche de Termes est remaniée en 1229 pour devenir un château royal hébergeant une garnison.

En 1241, Olivier de Termes se soumet à Louis IX, et récupère ainsi une partie de ses terres et châteaux dont Durfort. Il semble qu’il le donne aux anciens seigneurs de Durfort. En 1243, Hugues de Durfort prête serment de fidélité au roi, et participe l’année suivante au côté des croisés au siège de Montségur.

En 1256, Gaucelin de Durfort se ligue avec d’autres seigneurs contre l’autorité du roi de France et perd ainsi ses droits sur son domaine, mais les récupère quelques mois plus tard, après un hommage au Roi.

Du xviie siècle à nos jours

En 1659Louis XIV signe le traité des Pyrénées avec le Royaume d’Espagne, scellé par son mariage avec l’Infante Marie Thérèse. Ce traité modifie les frontières en donnant le Roussillon à la France. La frontière recule sur la ligne de crêtes des Pyrénées et les différentes forteresses de la région perdent leur importance stratégique. Le château de Durfort est donc remanié pour en améliorer le confort.

Au xviiie siècle, le château semble abandonné, mais son isolement permet de préserver ses ruines. Aujourd’hui, le château est une propriété privée. Le château n’étant pas consolidé, le risque de chute de pierres est élevé.

Le château aujourd’hui

Les ruines actuelles sont celles d’un habitat fortifié, comprenant une chapelle, des logis à fenêtres rectangulaires et une tour. De hauts murs épais, des caves et puits, des salles voûtées de bâtiments carrés, des tourelles d’angle, des échauguettes et une tour maîtresse sont encore visibles.