Montaigu

Par : azraelle29

Juil 26

Catégorie: Châteaux

1 Commentaire

Mons Acutus, le nom latin qui donna Montaigu, laisse penser que l’agglomération remonte aux environs du ive siècle, pendant la période gallo-romaine. Le pillage de la cité voisine de Durivum (l’actuelle Saint-Georges-de-Montaigu) par les Vikings venus par la Maine à la fin du ixe siècle contraignit ses habitants à trouver refuge un peu plus au nord au confluent de la Maine et de l’Asson, sur un rocher fortifiable.

Apparut ensuite une lignée de seigneurs de Montaigu, parmi lesquels Maurice II, dont on trouve la trace fin xiie siècle dans des chartes de fondation d’une Aumônerie dans le faubourg sud, sur la route des pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle (actuelle rue Saint Jacques, dans le quartier du même nom, où se situe toujours l’hôpital moderne). Ce seigneur se rangea au côté d’Henri II Plantagenêt, roi d’Angleterre, et Duc d’Aquitaine par son mariage avec Aliénor, quand leur fils Richard entra en rébellion. Au début du xiiie siècle Montaigu, comme le Poitou, passa sous la domination du Roi de France. Lors de la Guerre de Cent Ans, après la cession du Poitou à la Couronne d’Angleterre par le traité de Brétigny en 1360, une garnison anglaise s’installa à Montaigu qu’elle quitta en 1373 vaincue par le connétable de Clisson et Bertrand Du Guesclin. Un seigneur de Montaigu, Jean III Harpedane, époux de Marguerite de Valois, qui était aux côtés de Jeanne d’Arc lors de la délivrance d’Orléans en 14292 fonda dans sa ville en 1438 une collégiale sous le vocable de « saint Maurice », dont le chanoine assura les fonctions de maître d’école. Dans son opposition au Duc de Bretagne François II, Louis XI s’appuya sur la seigneurie de Montaigu, qu’il visita en 1468. Il encouragea la fortification de la place, qu’il acquit temporairement en 1473 pour en renforcer les murailles. Ainsi, il ordonna en janvier 1480 une création du siège royal à Montaigu, par ses lettres patentes.

En 1517, Montaigu, promue baronnie, devint possession de la Famille de la Trémoille. Suite au séjour de Jean Calvin à Poitiers, la Réforme protestante se répandit en Poitou et atteignit Montaigu. Pendant les Guerres de Religion, la ville passa plusieurs fois des mains des catholiques à celles des protestants, notamment lors du siège de 1580 relaté par Agrippa d’Aubigné, ou de l’intervention d’Henri de Navarre en 1588. Suite à ces violents affrontements, il fut décidé de démanteler les fortifications du château. L’exercice du culte protestant se poursuivit à Montaigu tout au long du xviie siècle, le nouveau baron, Gabriel de Machecoul, étant lui-même huguenot, et ne prit fin qu’à la Révocation de l’Édit de Nantes en 1685. En 1696, Montaigu fut érigé en marquisat, et le porteur du titre se convertit au catholicisme vers la même époque. Vers le milieu du xviiie siècle, Montaigu comptait 300 maisons pour 1 500 habitants. A partir de 1772, la ville joua le rôle de chef-lieu officiel des Marches communes de Bretagne et du Poitou, bien que n’en faisant pas partie. Le dernier seigneur de Montaigu fut Jacques Gabriel Louis Le Clerc de Juigné. Lieutenant général des armées du roi, ancien ambassadeur de France en Russie, il fut élu par les Marches comme représentant de la noblesse puis fut élu député aux États généraux de 1789.

Au début de la Révolution française, Montaigu fut parmi les premières localités du Bas-Poitou à féliciter l’Assemblée nationale pour les décrets de la nuit du 4 août. Mais avec la constitution civile du clergé en 1791 et surtout la levée en masse de février 1793, l’insurrection vendéenne éclata début mars de cette même année, et arriva à Montaigu le 13 sous la forme d’une troupe d’habitants des communes environnantes qui prit la ville et exécuta de nombreux républicains. (Pendant les Guerres de Vendée, la division de Montaigu est commandée par le général Pierre Rezeau, un des lieutenants de Charette.) La ville fut reprise le 16 septembre par les Républicains qui la pillèrent après avoir tué des centaines de Vendéens, puis reconquise le 21 par les Vendéens qui perpétrèrent aussi pillage et massacres. La ville fut définitivement reprise le 30 par Kléber. Des religieux, dont les chanoines de la Collégiale Saint Maurice, furent exécutés, et l’amiral Duchaffault arrêté et emprisonné à Nantes où il mourut. Charette continua le combat, notamment aux environs de Montaigu, jusqu’en mars 1796, où suite à sa capture près du bois de La Chabotterie, il est conduit, par Montaigu, à Nantes pour être exécuté. En octobre 1799, Suzannet, successeur de Charette, tenta, avec Charles-Henri de La Roche-Saint-André, de s’emparer de la ville de Montaigu mais ils furent repoussés, ce qui mit fin aux actions militaires dans la région.

Montaigu devint chef-lieu de district de 1790 à 1795 avec Goupilleau comme procureur-syndic (et fut bientôt doté d’un tribunal) puis d’arrondissement et donc sous-préfecture de la Vendée de 1800 à 1810. Pierre-Paul Clémenceau, médecin de son état, en fut le premier sous-préfet. L’église Saint-Jean-Baptiste fut rouverte à l’occasion du Concordat de 1801. En 1806, Michel-Augustin de Goyon devint le nouveau sous-préfet. Napoléon et Joséphine, venant de Bayonne, passèrent à Montaigu en août 1808. En 1809 furent annexés à Montaigu les Olivettes, le champ de foire et le quartier des Rochettes, précédemment sur le territoire de Saint-Hilaire-de-Loulay. En 1810, la réunification de la sous-préfecture de Montaigu à celle de Napoléon (l’actuelle Roche-Sur-Yon) entraîna la disparition du tribunal et réduisit la ville à un simple chef lieu de canton. Une compagnie de sapeurs-pompiers y fut instituée vers 1840. La Mairie fut installée dans l’enceinte du château en 1843, des halles ouvertes en 1854. En 1866, furent inaugurés les bâtiments actuels de l’église Saint Jean-Baptiste et de l’Hôtel de Ville, ainsi que la ligne de chemin de fer reliant Nantes à Napoléon (La Roche-Sur-Yon). En 1903 fut créé un tramway reliant Montaigu aux Quatre Chemins de l’Oie, qui fut démantelé en 1938. En 1906, George Clémenceau, alors Ministre de l’Intérieur inaugura un nouveau bâtiment de l’hôpital.

Un commentaire sur “Montaigu”

  1. Merci pour l’histoire,je connais les Leclerc de Juigné,issue des Leclerc de Lesseville,proche de Paris et origine Normande !


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