Chapelle Sainte-Catherine

Le lieu de construction de cet édifice religieux n’est pas fruit d’un simple hasard. Le croisement entre route, pont et rivière est à la fois lieu de passage et lieu de repos ; l’endroit est suffisamment éloigné de l’église paroissiale pour que les habitants disposent d’une chapelle proche, apte à remplir les fonctions élémentaires : baptiser, marier, enterrer, célébrer la messe, certes sans décorum, mais dans le respect des règles liturgiques.

Quand est prise la décision de construire une chapelle ? A la fin du XVIe siècle, qui est aussi celui de la Contre-Réforme, c’est-à-dire de la lutte de l’Eglise catholique contre les Réformés (protestants) et celui de la réforme interne de l’Eglise romaine (prêtres instruits et rigoristes, cherchant à modérer le goût de leurs ouailles pour la fête, les beuveries, les bagarres, la danse, le libertinage et le vagabondage sexuel).

Par qui est prise la décision ? Sans doute, le marquis du Tymeur, de concert avec l’Evêque de Quimper.

Qui a fourni les fonds ? Ce seigneur, l’Evêché, les paroissiens, des passants.

Qui a dessiné les plans, taillé les pierres du porche (17e siècle) ? Des spécialistes itinérants, de l’équerre et du compas, du calcul de la poussée et du poids et de l’épaisseur des murs, du burin et du marteau. Parfois, ils s’établissent définitivement dans le Poher, se marient, font souche, introduisent alors des noms de famille jusque-là inconnus dans le stock local de patronymes. Le plus souvent, le chantier achevé, ils reprennent la route.

Qui a effectué les charrois de pierre, de cailloux, de glaise, de poutres ? Les paysans de l’endroit, lorsque la météorologie et le calendrier des travaux agricoles le leur permettent.

Au XVIIe, la chapelle est achevée. Son plan est identique à celui de l’autre chapelle de la paroisse, Saint-Idunet : une nef et un seul bas-côté. Une voûte de bois en berceau, des poutres transversales rendant solidaires les deux principaux murs, un clocher-porche, une petite sacristie, un cimetière. Et un vicaire, donc un petit presbytère, un recueil des actes religieux, servant aussi de cahier d’état-civil.

Au cours des deux siècles qui courent de 1789 à 1982, la chapelle subit bien des vicissitudes.

Les deux prêtres de Plounévézel, ayant embrassé le parti des Révolutionnaires en 1791, sont nommés dans des paroisses plus importantes dont les titulaires sont réfractaires (refus de prêter serment à la Conxtitution civile du clergé). La chapelle, faute de desservant, est abandonnée. Elle sert d’écurie. Ce n’est que sous la Restauration (Charles X) que le culte y est rétabli, sous forme de deux pardons annuels.

Les prêtres de la paroisse doivent réduire le bas-côté, faire modifier le mur Sud afin d’y inclure les arcs ogivaux délimitant les vitraux. Mais vers 1870, la chapelle menace ruine et l’Evêque doit en interdire l’accès. Une nouvelle restauration est entreprise à la fin du XIXe siècle.

Ravagée par deux crues gigantesques de l’Hyère (perte des meubles et vêtements sacerdotaux en 1925-26), la chapelle est tant bien que mal entretenue (chaulage des murs intérieurs vers 1930) ; cependant, le recteur menace les parents des enfants gardant les vaches autour de la chapelle d’ »aller chercher les gendarmes » si les gamins persistent à casser les vitraux à coups de pierre. A partir des années 1960, la chapelle n’est plus utilisée et son délabrement matériel s’accentue d’année en année jusqu’en 1982.

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